À propos

Le bijou dans son rapport au corps est un domaine de l’art tout-à-fait particulier.

Conçues pour être portées, ces créations s’adaptent aux différentes parties du corps qui nous constituent. Prévues pour nous accompagner, ces sculptures n’ont à priori pas de socle puisque c’est l’humain qui le devient (redéfinissant la problématique historique et incontournable de la sculpture). Choisies par le porteur pour la personnalité qu’elles permettent de révéler, elles sont le media par lequel artiste et acquéreur se retrouvent. Ornementales à plus d’un titre (en tant que telles et en tant qu’embellissement) elles contraignent l’artiste (qui est aussi l’artisan du bijou) à remplir toutes les cases de la création, de la conception à l’intégration environnementale en passant par les différentes contraintes techniques. Engagées en tant que support expressif, elles offrent à leurs auteurs une place de choix que l’amateur-collectionneur reprend en son nom, devenant étendard artistique se positionnant au travers de ses choix.

Le bijou dans son acceptation véritablement contemporaine, tient ainsi compte non seulement des aspects formels et fonctionnels, mais également du contexte social, culturel et politique.

L’histoire en quelques mots.

C’est sous le label IPSOFAKTO, qu’une première galerie est initiée par Christian Balmer en 1991. Les expositions s’y succèdent, présentant alors un bijoutier et un artiste contemporain. Chavent avec Alain Huck, Christian Balmer avec Robert Ireland, Nina Raeber avec Nicolas Pages ainsi que quelques autres cohabitations dans un espace aux tons ocres et azurs. Une exposition thématique annuelle rassemble ces différentes approches artistiques, l’occasion de confronter des regards incisifs, pertinents ou impertinents.

Installée dès 1998 au deuxième étage du No 2 de la place Saint-François, c’est dès lors la galerie VICEVERSA cocréée avec Valérie Despont qui présente des expositions personnelles ou thématiques de manière régulière. L’année suivante, ilona Schwippel rejoint l’aventure, et l’exposition ‘La rhétorique du Lobe’, fruit d’une recherche approfondie qu’elle a menée avec la HEAD de Genève marque un jalon. Cette illustration des différents aspects sémantiques de la boucle d’oreille: sculpture suspendue, allégorie, mimétisme du visage, révélateur de féminité synthétise notre vision et notre analyse du bijou. En 2018 les 20 ans de la galerie de Saint-François sont célébrés par une exposition en 3 volets, 3 ‘Inédits’ qui laisseront souffler la nouveauté et l’exaltation de nouveaux créateurs face à quelques maîtres classiques.

En 2019, la galerie inaugure son nouvel écrin rue Mercerie 3, dans un environnement de commerces dynamiques et indépendants. Par l’aménagement de ce nouveau lieu la tonalité qui réunit les différentes visions artistiques est reformulée grâce aux talents du graphiste et scénographe Giorgio Pesce. En 2020 cette volonté de faire interagir les cultures est confirmée par une exposition en deux volets de onze créateurs chacun, bijoutiers japonais en Suisse puis une sélection de bijoutiers suisses à Tokyo, le projet est soutenu par l’ambassade de la Suisse au Japon.

Invité à exposer à la première Biennale du Bijou contemporain à Lisbonne en 2021, la galerie y a présenté deux artistes de la galerie et un créateur portugais. De retour en Suisse, l’exposition ‘Lisboa e Tejo e Tudo’ mettant en scène 5 artistes portugais a couronné ce projet interculturel. 

Les galeristes

Formés en bijouterie chez Michael Zobel pour elle et chez Yves Perrelet pour lui, puis chacun à l’école d’art HEAD de Genève, ils sont à même d’offrir un service sur mesure pour la fabrication de bijoux ainsi qu’une compréhension technique des pièces proposées par la galerie. Cette offre est complétée par les bijoux exclusifs de la manufacture Niessing, à l’avant-garde du design et pour laquelle Christian Balmer ainsi que quelques autres bijoutiers de la galerie ont collaboré en tant que designers. Les montres Nomos Glashütte proposent une alternative contemporaine aux classiques garde-temps. Fabriquées dans le haut lieu de l’industrie horlogère allemande, à Glashütte près de Dresde, ces mécaniques sont entièrement manufacturées dans les usines de cette petite ville de la Sachse orientale et dessinées dans les ateliers de la marque à Berlin. Elles allient haut-de-gamme horloger et design épuré, esprit Bauhaus et perfection artisanale.

Vocation : créateurs de bijoux et passeurs d’enthousiasme

Françoise Jaunin – avril 2018

La double passion partagée de Christian et Ilona est porteuse d’une tradition et d’un savoir-faire de haut vol mais résolument tournée vers l’expérimentation et le temps présent. Le bijou d’auteur comme expression plastique à part entière, comme sculpture miniature à porter sur soi et comme oeuvre de poche qui nous renvoie à nous-mêmes et au monde : voilà leur credo !

Vingt ans déjà ! C’est en 1998 qu’ils ouvraient dans l’ancien guichet CFF de la place St François, leur galerie viceversa. Laboratoire et vitrine du bijou en train de s’inventer, elle a présenté à Lausanne des démarches artistiques fertiles et engagées d’ici et de partout. Insolentes ou rigoureuses, épurées ou baroques, organiques ou géométriques, sensuelles ou précieuses, en lien étroit avec le corps et revisitant ou détournant la tradition joaillière, les créations qu’ils nous font découvrir sont des abrégés de monde inédits, poétiques ou décalés.

Sans jamais mollir ni dans leur ferveur ni dans leur exigence de qualité, ils se sont fait une place qui n’appartient qu’à eux, reconnue loin à la ronde. Non seulement ils continuent tous les jours de relever leur beau défi, mais loin de commémorer cet anniversaire au rétroviseur, ils parient encore et toujours sur les créateurs de demain, dans un feu d’artifice d’idées, de formes, de matériaux et d’inventivité.